Applications médicales

« La seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de la peur elle même »
F.D Roosevelt.

Hypnose et Psychothérapie

L’histoire de l’Hypnose dépasse de beaucoup celle de la psychothérapie. L’hypnose a engendré de nombreuses approches thérapeutiques, directement ou non, jusqu’à la sophrologie. Elle a été utilisée par Sigmund Freud à ses débuts, auprès de patientes hystériques pour « retrouver » l’évènement traumatique (la scène de séduction) supposé à l’origine des troubles. Freud va ensuite abandonner la pratique de l’hypnose parce  que la  » vérité » issue de l’hypnose ne peut être entendue  sans résistance, et du fait qu’il faut au patient « découvrir » sa vérité par lui-même, par le biais de sa parole. Ce sera le début de la cure analytique à proprement parler. Mais il est vrai qu’à cette époque, ni Milton Erickson, ni la Nouvelle Hypnose n’existaient!
Aujourd’hui, l’hypnose est un outil précieux du psychothérapeute. Les indications sont très larges et concernent une très large gamme des problématiques psychologiques et somatiques : angoisses, troubles névrotiques, stress, énurésie, insomnie, phobies, allergies, traumatismes, deuils, tocs (troubles obsessionnels compulsifs),  mais aussi, anesthésie hypnotique, préparation mentale (chirurgie, sport, examen), résolution de conflit, apprentissages, développement personnel…

Hypnose et santé

En France, les médecins s’intéressent de plus en plus à l’hypnose : psychologues, rhumatologues, gynécologues, endocrinologues, psychologues cliniciens, médecins généralistes, anesthésistes… se forment à cette approche et l’utilisent dans leur pratique, notamment pour atténuer la douleur ou pour les anesthésies.
De plus en plus utilisée en médecine et en psychothérapie, l’hypnose semble efficace pour lutter contre la douleur, se libérer de certaines dépendances ou mauvaises habitudes (le tabac, le grignotage…), l’anxiété, les troubles de la sexualité et les phobies. Si les mécanismes d’action ne sont pas connus, et que beaucoup de scientifiques évoquent l’effet placebo, certaines hypothèses peuvent expliquer les succès de l’hypnose :

  • Douleurs : Pendant l’état hypnotique, la production d’endorphines est à son maximum. Or ce sont de véritables antalgiques naturels, qui peuvent permettre de diminuer les doses de médicaments en cas de mal de dos, de migraines …
  • Arrêt du tabac : L’hypnose tente d’agir sur la dépendance psychologique et d’y substituer d’autres comportements. Le praticien va essayer de susciter les suggestions les plus fortes, par exemple l’association tabac-nausées.
  • Stress : En premier lieu, l’hypnose, proche de la relaxation, diminue rapidement l’impact des agents stressants. Ensuite, l’état hypnotique, peut permettre de trouver le seuil adéquat de stimulation/excitation du bon stress, afin que celui-ci redevienne utile.

Hypnose et douleur

Si l’efficacité de l’hypnose sur la douleur est reconnue cliniquement, il restait à le prouver sur le plan scientifique. C’est ce qu’a fait Fanny Nusbaum, chercheur associé au laboratoire Santé-Individu-Société (Université de Lyon). À l’aide d’un IRM, elle a mesuré l’activité cérébrale chez 14 patients lombalgiques chroniques, au repos, en état d’éveil avec une suggestion d’analgésie, et en état d’hypnose avec la même suggestion d’analgésie. Résultat : les patients en éveil ont décrit une baisse de leur douleur de 28 %, contre 64 % pour ceux sous hypnose, qui ont montré une activation d’un réseau cérébral cognitivo-émotionnel. Pour les chercheurs, la plus grande efficacité de l’hypnose par rapport à l’éveil réside dans le fait qu’elle agit sur la dimension émotionnelle et non sur la seule dimension sensorielle.
Il est aussi à rappeler qu’au milieu du 19ème siècle, les chirurgiens avaient recours à l’Hypnose pour opérer leurs patients, avant l’arrivée du chloroforme… et qu’aujourd’hui, dans certains pays comme la Suisse ou la Belgique, plus de 10% des opérations chirurgicales se déroulent sous hypnose.

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